Éthique biomédicale

EN FINIR AVEC LA FIN DE VIE ?

Une rupture anthropologique ?


Organisé par le département de recherche Éthique biomédicale du Collège des Bernardins, ce colloque est en résonnance avec les questionnements éthiques qui se posent actuellement sur la fin de vie de la personne et dont les conclusions de la consultation citoyenne sont attendues en mars 2023.

C’est un tournant qui se dessine en France dans le domaine de l’éthique médicale dont il est important de débattre, car c’est une question à la fois intime, sociétale et spirituelle. Ce sujet convoque l’autonomie de la personne, la bienveillance, la non malfaisance, la justice et l’équité et au-delà des principes la singularité de chaque cas, les médecins et les soignants aux stades ultimes de la vie, et lors de cas rares ou des personnes qui ne sont pas en fin de vie, en dehors d’un contexte dépressif ou d’idéation suicidaire, souhaiterait mettre fin à leur vie.

Faut-il une nouvelle Loi ? Meurent-on mal en France ? Existe-t-il des vies dignes d’être accompagnées dans des conditions dignes et d’autres non ? Que faire pour montrer la distinction nécessaire entre non abandon des malades en fin de vie et respect d’un choix de maitriser sa mort ?

Le président Emmanuel Macron a annoncé le 13 septembre 2022 le lancement d'une large consultation citoyenne sur la fin de vie, dont les conclusions sont attendues en mars 2023. Jusqu’à présent, seule la sédation profonde et continue jusqu’au décès prévue dans le cadre de la loi Clayes Léonetti du 2 février 2016 est possible pour les personnes en fin de vie à court termes, en soulageant les douleurs réfractaires et les souffrances psychiques et en s’opposant à l’obstination déraisonnable. Rappelons que la législation actuelle interdit l'euthanasie et le suicide assisté dans l’Hexagone.

Avant de lancer le débat, le chef de l’État français a attendu l’avis du Comité consultatif national d'éthique, le CCNE, avis 139, qui s’est montré en rupture avec ses précédentes positions. Il évoque la possibilité de trouver dans certains cas « une voie pour une application éthique d'une aide active à mourir ». Mais il se montre aussi nuancé puisqu’il y est mentionné qu’il n’y a pas eu consensus total et « qu’il existe une voie pour une application éthique de l’aide active à mourir, mais qu’il ne serait pas éthique d’envisager une évolution si les mesures de santé publique recommandées dans le domaine des soins palliatifs ne sont pas prises en compte. »

Un audit d’évaluation de la loi de 2016 sera lancé en octobre prochain. Les débats ressurgissent, dans un contexte où d'autres pays européens, comme la Belgique ou les Pays-Bas, autorisent déjà l'euthanasie de manière encadrée.

Intervenants

En ouverture du colloque, une lecture littéraire et philosophique, mise en voix par le P. Eric Fiat, de deux textes, l'un de l'essayiste Michel Houellebecq, l'autre du philosophe, André Comte-Sponville.

  • Pierre Corbaz, médecin généraliste (en charge d'un EHPAD accueillant des patients Alzheimer), docteur en philosophie de l'université de Lausanne
  • Éric Fiat, philosophe, professeur à l'université Gustave Eiffel
  • Claire Fourcade, médecin, présidente de la SFAP (Société française d’accompagnement et de soins palliatifs)
  • Louis Puybasset, professeur, neuro-réanimateur, Hôpital de La Pitié- Salpêtrière, Paris
  • Jacques Ricot, philosophe

Suite au débat, une conférence-concert de Claire Oppert, violoncelliste, concertiste, auteure du livre Le Pansement Schubert.

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