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BANLIEUES ET CITÉS : LA FABRIQUE DU COMMUN

Le séminaire « Banlieues et cités : la fabrique du commun» vise à l’étude de l’élaboration des « communs » dans les quartiers que l’on appelle parfois « cités » ou « quartiers populaires » (ou plus récemment «quartiers » tout court). Pour l’équipe de recherche, ce terme « commun » désigne aussi bien les éléments culturels convergents (ou en cours de mise en commun)que les éléments matériels ou immatériels autour desquels se construit une vie sociale : espaces communs, valeurs communes, « communauté de destin », etc.

Les cités sont-elles le lieu de la division (entre communautés ou bien entre la population et les pouvoirs civils) ou bien un lieu de rencontre si ce n’est de communion ? Qu’est-ce qui sépare et qu’est-ce qui rapproche ? Parler de « fabrique du commun », c’est faire le pari qu’un processus est actuellement en cours et qu’il vaut la peine de le décrire et de l’analyser avant tout jugement de valeur.

Ce séminaire se décline principalement en quatre axes de recherches : culturel, urbanistique, économique et religieux. Ils sont à la fois distincts et solidaires. Les approches historique, ethnologique, psychologique et sociologique sur lesquels l’équipe s’appuiera pour sa recherche, sont transverses à l’ensemble de ces quatre axes de recherche.

Les quatre axes de la recherche :

-       La dimension culturelle

La dimension culturelle est de loin la plus large car elle concerne un très grand nombre de domaines de la vie quotidienne. Elle touche à la manière dont des populations d’origines diverses élaborent une culture commune. Cette culture peut certainement se mesurer dans le langage, la cuisine, les vêtements, le rapport au temps, etc. On parle parfois aujourd'hui de « culture de banlieue ». Mais comment mesurer une telle culture ? À quoi la reconnaît-on ? En quoi se distingue-t-elle de toute forme de culture populaire en France ?

Des populations qui arrivent de pays divers se retrouvent dans un espace limité à vivre ensemble. De cette rencontre naît un mode de vie particulier qui a ses particularités. Il s’inspire de toutes les cultures d’origine mais ne s’identifie avec aucune d’elle. Comment cela s’opère-t-il ?

-       La dimension urbanistique

La dimension urbanistique pourrait se nommer « construction d’un espace commun ». Ce dernier est à la fois l’ensemble des espaces publics(rues, places, cour…) mais plus encore, l’espace commun désigne la manière dont ce dernier est vécu. Comment un espace commun devient un lieu de vie ? Pourquoi en certains endroits, la rue est un lieu de vie (ce qu’elle n’est pas ailleurs)? Quel est l’impact du faible nombre de personnes qui « traverse » les quartiers populaires ? Comment se vit le rapport entre intérieur et extérieur ?

-       La dimension économique

La dimension économique entend étudier la manière dont une possible économie parallèle se met en place dans les cités. Lieu du travail au noir et des trafics en tout genre, les cités connaissent une forme d’économie parallèle « complémentaire ». Cette économie est-elle fermée sur elle-même ou bien ouverte dans un réseau d’autres économies tierces ?

Pour les personnes qui ont un emploi dans l’économie officielle, l’on pourrait se demander de quelle manière la proximité des expériences professionnelles contribue à constituer un sentiment de corps. Les travailleurs des quartiers populaires ne correspondent-ils pas à ce que Jérôme Fourquet appelle « la France backstage » ?

Au-delà de l’aspect financier, une économie de la dette et du service structure les quartiers populaires. Elle peut faire l’objet d’une étude sous l’angle du don et du contre-don. Comment ce type d’économie contribue-t-elle à la création d’un « commun » propre aux cités ?

-       La dimension religieuse

La dimension religieuse n’est pas pour rien dans l’identité commune des quartiers populaires. Si la religion majoritaire y est habituellement l’Islam, celui-ci semble plus (du mois en certains quartiers) un facteur d’intégration que de division. L’expérience commune en cité est que Chrétiens et Musulmans se retrouvent entre croyants. Se constitue donc une communauté de croyants, communauté de ceux qui vivent ave cune conscience de la transcendance. La question n’est donc pas celle des distinctions entre les deux religions mais plutôt de leurs points communs, c'est-à-dire de ce qui rassemblent Musulmans et Chrétiens. Comment qualifier cette expérience ? Jusqu’où est-elle généralisable ?

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Département
Éducation et transmission
Période
2026 - 2027
statut
2026 - 2027
EN COURS
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