Questions d'artistes
Exposition

Climat Général

Claire Malrieux


À l’occasion du colloque conclusif de la Chaire « l’Humain au défi du numérique », le Collège des Bernardins invite Claire Malrieux à s’emparer de l’ancienne sacristie pour y présenter Climat Général.

Présentée au même moment à l’Hyperpavilion de la Biennale de Venise, cette œuvre auto-générative projetée associe la notion d’anthropocène aux enjeux numériques du dessin. L’artiste nous plonge dans un espace graphique où le dessin devient un écosystème composé des forces atmosphériques, telluriques et humaines. 

Se référant à l’« Hypothèse Gaïa » de James Lovelock, Malrieux transforme la figure de Gaïa en une machine climatique autonome qui affiche un espace dynamique et organique, construit selon des flux de données empruntés aux principaux modèles climatiques prédictifs.  A travers différents scénarios programmatiques, l’artiste met en évidence l’influence de l’homme sur son environnement, un environnement en perpétuelle mutation dont la fin ne peut être programmée.  Car si l’entrée dans l’anthropocène marque la fin d’une Terre en extension, elle marque surtout le début d’autre chose : une situation différente dans le temps et dans l’espace.  Un espace où le décor est en mouvance et dans lequel l’histoire humaine s’adapte et évolue.
L’usage simultané du dessin et des algorithmes permet de visualiser des interactions et des causes à effets habituellement invisibles, de les décoder et d’en interroger les enjeux. 

Le monde que nous habitons n’est pas composé que de populations, d’activités économiques, de terres habitables et d’espaces inexplorés quantifiables, il est également  tissé de récits. C’est en faisant appel à la puissance narrative du dessin que Malrieux entend nous faire explorer les nouvelles zones de contact d’une culture désormais convertie au numérique.

Commissaire : Philippe Riss-Schmidt
Programmation informatique : Sébastien Courvoisier
Son : Alexandre Dubreuil
Co-production : PR curatorial office, Paris, Fabulous inc, Séoul et Collège des Bernardins, Paris
Avec le support du DICREAM

Claire Malrieux, artiste

Claire Malrieux a développé une pratique de l'art placée aux frontières de la sculpture, de l'installation et du dessin. Elle utilise sa pratique pour expérimenter les conditions de circulation du récit au travers de formes qui mêlent nouvelles technologies, Histoire et fiction. Depuis 2013, elle mène une recherche sur les relations entre dessin et pratiques numériques et explore les possibilités d'une nouvelle syntaxe du dessin mis sous condition par les technologies, les algorithmes et les données.
Elle y met en jeu les conditions d'apparition des formes comme des points de cristallisation de plusieurs récits, de faits ou de connaissances et propose ainsi de parcourir ce qui se passe en amont et en aval des œuvres. Son travail se développe comme de vastes plate-formes où elle devient tour à tour narratrice, curatrice, chercheur et où l'œuvre en train de se faire se préoccupe de la forme mais aussi de la connaissance et de sa mise en récit. Claire Malrieux vit et travaille actuellement à Paris.
Elle enseigne le dessin à l'Ensci-les Ateliers et à la Haute école des arts du Rhin et poursuit sa recherche Hyperdrawing au sein de l'EnsadLab de l’école des arts Décoratifs de Paris. Son travail graphique a été montré dans différentes institutions dont le musée des Arts Décoratifs (2014), l’espace Khiasma ( 2015), La Terrasse à Nanterre (2016), Hyperpavilion à la Biennale de Venise 2017.

Philippe Riss-Schmidt, commissaire d’exposition

Philippe Riss-Schmidt est un commissaire d’exposition basé à Paris et Paimpol.  Il a fondé HyperPavilion,  PR Curatorial Office et co-fondé Hypersalon, lieu de réflexions sur les implications d’une culture en réseau (Art Basel Miami, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, Biennale de Venise, Seoul).  Riss- Schmidt a participé à l’organisation d’expositions majeures sur la question de la transition numérique comme NEW2 (Paris), Drawing after Digital (Paris) , Co-Workers talks (Paris) , Surface Proxy (Paris), #1DAD, il a aussi contribué et inauguré le programme ‘ Post-digital’ à l'Ecole normale supérieure de paris ( ULM) . Riss-Schmidt s’intéresse précisément à la manière  dont le digital a changé le processus curatorial, son approche n’est toutefois pas conditionnée par la technologie, mais se concentre sur l’impact et les bouleversements entrainés par celle-ci.