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Critique de la raison transhumaniste

Colloque conclusif du séminaire Humanisme, transhumanisme, posthumanisme - 19 et 20 mai 2017

RESISTER AU TRANSHUMANISME ?
Jacques Testart, directeur de recherche honoraire à l’INSERM, dénonce les méfaits engendrés par la croyance en la toute-puissance technologique et l’idéologie « anthropocide » du discours transhumaniste. C'est en réalisant les enjeux sous-jacents au passage d’un principe de responsabilité à un principe d’innovation et en établissant un état des lieux des dégâts déjà occasionnés que l'homme sensé prend conscience du risque. Vient ensuite le temps de l'analyse dans lequel la fragilité du corps humain et l’harmonie indispensable qui existe entre celui-ci et l’environnement se confrontent aux idées transhumanistes et à leur langage spécifique. Ainsi, comme il ne s’agit pas de s’opposer à tout changement, l'éducation axée sur la responsabilité de tous et la mise en place de jurys de citoyens permettraient de réfléchir au devenir commun de l’humanité en tenant compte de l'homme tel qu’il est et de son environnement.
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UNE IDEOLOGIE BIEN DE NOTRE TEMPS ?
Dominique Folscheid, professeur de philosophie émérite, université Paris-Est
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LA GALAXIE TRANSHUMANISTE
Franck Damour
, historien, essayiste, université catholique de Lille. Franck Damour retrace l'histoire du mouvement depuis l'apparition du mot transhumanisme en 1957 et jusqu’à nos jours, en présentant les hommes et organisations qui l'animent, les objectifs et les controverses qu'il suscite. Enfin, il interroge la nature réelle de cette idéologie spécifique au monde occidental. Est-il un discours commercial, une éthique du biocapitalisme ou une révolution culturelle ?
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LES ENJEUX DE LA BIOECONOMIE DU CORPS HUMAIN
Céline Lafontaine, sociologue, université de Montréal.
Céline Lafontaine propose une réponse basée sur l'analyse sociologique du transhumanisme. En partant de la notion de bio-économie qui voit dans le vivant une matière première, elle présente successivement le bio-capital, course à l'innovation permettant de capter des fonds publics et privés, puis la bio-citoyenneté et la bio-médicalisation. En conclusion et au vu du fait que le corps est devenu un capital personnel à valoriser, elle interroge le retournement qui voit l'homme redevenir objet de recherche scientifique à son corps défendant.
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LA FABRIQUE DES BEBES
Françoise Brulliard, cadre supérieur de santé, GH Saint-Louis, Lariboisière, Fernand-Widal.
Françoise Brulliard présente toutes les techniques actuellement mise en œuvre aux USA pour répondre aux demandes d'enfants soulignant que la fécondation y est devenue technique avec maîtrise du temps, du lieu et des acteurs.
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LA NEURO-AMELIORATION : FANTASMES ET REALITES
Pierre Pollak, chef de service neurologie, hôpitaux universitaires de Genève.
A côté de la fécondation, le transhumanisme s'intéresse de près aux neurosciences. Pierre Pollak souligne les erreurs et fausses promesses dans ce domaine en expliquant clairement le fonctionnement de la stimulation nerveuse profonde, des stimulations transcrâniennes et des stimulations continues. Il a ainsi fait clairement apparaître les difficultés à surmonter - l'interface cerveau-machine et surtout les spécificités propres au cerveau – sans occulter la présence de réels progrès notamment dans la lutte contre le vieillissement.
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DU ROBOT AU CYBORG
Jean-Gabriel Ganascia, professeur à l’université Pierre et Marie Curie. Jean-Gabriel Ganascia présente les robots dans toute leur diversité et leurs potentiels : capter l'information, se représenter le monde et décider de l'action à mener. Il interroge également la place des robots dans la société: modèles, prothèses ou nouvel homme avec tous les phantasmes et toutes les menaces qui en découlent, allant de la disparition du travail à la réincarnation en passant par la surpuissance physique.
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LE TRANSHUMANISME, UN NOUVEL HUMANISME ?
Pierre Magnard, philosophe.
Face aux perspectives d'avenir laissant une place limitée à l'homme image de Dieu et miniature de l'univers comme l'a défini Eusèbe de Césarée, Pierre Magnard parcourt les siècles à la recherche de l'homme en partant de Protagoras, pour qui l'homme est la mesure de toute chose, en passant par l'homme "officine du monde" de Jean Scot Erigène pour finir avec le Pantocrator d'Autun. Il souligne que l'idée d'homme augmenté trouve son origine dans la tentation de puissance apparut vers l'an mil et la pratique de la thésaurisation. L'humanisme bien compris, notamment dans une lecture fidèle de Pic de la Mirandole, se caractérise par une retenue de la puissance.
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Valentina Tirloni, philosophe, université de Nice Sophia Antipolis.
Alors finalement, quel est le sens de la vie pour les transhumanistes ? L'homme transhumain sera-t-il heureux ? Valentina Tirloni esquisse des éléments de réponse en constatant que le transhumanisme déresponsabilise l'homme, lui fait perdre la main sur le progrès, le rend nomade. L'homme du futur resterait donc à l'état d'éternel adolescent.
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LA FASCINATION TRANSHUMANISTE
Monette Vacquin, psychanalyste.
Monette Vacquin revient sur le langage transhumaniste et le pouvoir de fascination qu'il exerce. Avec l'immortalité comme objectif final, la technique comme moyen d'action, l'usage de l'effacement des repères connus, les transhumanistes tentent de convaincre que l'homme de fer remplacera prochainement l'homme de chair et que le désir deviendra volonté.
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LA LOGIQUE TRANSHUMANISTE
Olivier Rey, philosophe, CNRS/Université Paris I.
Olivier Rey aborde à travers une réflexion philosophique la notion de science pour expliquer l'apparition logique du transhumanisme. Il oppose la science ancienne d'Aristote à la science moderne qui se doit de nier toute téléologie pour rester purement mathématique. Il souligne le passage de l’idée que l'homme avait à être ce qu'il était à celle que l'homme doit augmenter sa puissance pour dominer et ainsi survivre. C'est la place de l'homme dans la nature qui est ici questionnée et Spaemann, Simone Weil ou encore le pape François lui permettent d’illustrer sa démonstration.
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L’INCARNATION COMME ACCOMPLISSEMENT
Jean-Michel Maldamé, o.p., théologien.
Jean-Michel Maldamé présente en sept points l'incarnation du Verbe et place le transhumanisme comme aboutissement du rêve messianique américain, rêve déjà réalisé dans l'espace par Christophe Colomb et qui à travers le transhumanisme aboutit à l'homme nouveau.
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QU’UN PEU D’INCARNATION NE FAIT PAS DE MAL
Eric Fiat, philosophe, université Paris-Est Marne la Vallée.
Eric Fiat a choisi la fable de La Fontaine La grenouille et le boeuf pour illustrer que l’homme incarné a besoin de l'autre pour être et que l'existence de limites ne va pas à l'encontre du désir humain de dépassement. Cependant avec le transhumanisme ce désir a été capté par la technique et l'homme n'oscille plus entre ressentiment et assomption. Les limites ont été submergées et l'être humain est en passe de devenir "ange" et donc de perdre son incarnation.
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INCARNATION ET GNOSE MODERNE
P. Brice de Malherbe, théologien, Faculté Notre-Dame.
P. Brice de Malherbe cite St Irénée de Lyon pour qui l’homme est bien un être de corps et d’esprit, idée s'opposant à la gnose moderne développée par les transhumanistes qui se fonde sur un rejet de cette double condition. Puis, considérant que l’humanité se définit par la relation de l’homme à la nature, à Dieu et à lui-même, il s'interroge sur ce qu’il en advient pour les transhumanistes qui estiment que la machine est un modèle pour l’homme, et qui voient en la technologie un moyen de sauver l’homme. Finalement, résister consisterai à redonner sa place à l’amour de l’homme, amour qui doit être le moteur de toute amélioration. Ainsi le spirituel retrouve sa place auprès du corporel et l’évolution naturelle poursuit son cours.
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       Texte de Cécile de Kernier

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« Humanité et Fragilité »

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