Recherche / Parole de l'art

L’art tout contre la machine

Ce séminaire se propose de comprendre en quoi les « nouveaux médias », qui relèvent du film, des formes multi et trans-médiales, qui nous impliquent (question des Big Data), appellent une critique.

En mobilisant des œuvres et des pratiques qui relèvent aussi bien du film que des formes multi et trans-médiales, installées ou en ligne, ce séminaire se propose de comprendre, à travers des signatures toujours singulières, en quoi les « nouveaux médias », qui nous impliquent souvent au-delà de nous-mêmes (c’est toute la question des Big Data), appellent une critique intériorisée. Une critique qui s’énonce depuis la configuration technique ou technologique sur laquelle ils reposent, pour être dépassés et se montrer tels qu’en eux-mêmes, dans leur logique, leurs possibilités et leurs limites propres.

Les objectifs de la recherche

  • Construire une réflexion collective et transversale, en mobilisant un public actif qui s’inscrit pour une part dans la pratique, pour une part dans la recherche théorique, pour une part dans ces deux champs d’activité.
  • Dresser un panorama de pratiques artistiques contemporaines, qui s’inscrivent dans un questionnement avec les complexes technologiques sur lesquels elles peuvent reposer (ou qui à l’inverse peuvent légitimement les inquiéter).
  • Montrer que l’art est sans doute un des rares lieux où cette intrusion de la machine dans nos vies personnelles et professionnelles peut être radicalement questionnée et trouver des réponses humaines.

Le séminaire se structure autour de quatre axes, auxquels sont consacrés cinq séances :

  • Axe 1 : Les mains dans la machine : quelle place pour le geste dans les dispositifs techniques ?
  • Axe 2 : De l'information à la forme
  • Axe 3 : Pratiques collaboratives et co-création
  • Axe 4 : Pratiques de contournement

La méthode

Ce séminaire permet à la fois de construire un groupe de recherche et d’explorer des travaux d’artistes dans de bonnes conditions Les espaces ordinairement dédiés à ces préoccupations étant le plus souvent cloisonnés (les lieux dévolus à la recherche d’une part, les lieux dévolus à la diffusion d’œuvres d’artistes de l’autre), ils n’offrent pas une telle souplesse essentielle à l’élaboration de la réflexion.

Le séminaire se réunira dix fois par an pendant deux ans. Une séance sur deux sera dédiée à une rencontre avec un intervenant extérieur, ou deux à la fois pour défendre des points de vue opposés.

Calendrier 2018

Les séances du séminaire auront lieu les samedis de 10h à 13h au Collège des Bernardins.

Seul le premier axe a fait l’objet d’une définition précise. Le contenu des axes suivant sera fixé à l’issue du premier cycle de rencontres.

Axe 1
Les mains dans la machine : quelle place pour le geste dans les dispositifs techniques ?

Cette question s'articule autour de quatre artistes qui déploient une dimension performative comme possibilité du rapport à l'image.

Henri Focillon souligne, dans son inépuisable Vie des formes, que la technique, pour autant qu'elle s'accorde à la présence de l’homme, et plus singulièrement à sa main, se constitue comme un observatoire, qui permet de scruter la matière et de faire émerger en elle des dimensions qui ne pouvaient nous apparaitre. La technique permet de voir plus et davantage, de voir plus loin et plus large, de voir plus profondément, ce que le développement des sciences n'a cessé de manifester dans son histoire. Henri Focillon situe cette question d'une visibilité accrue au coeur du geste artistique lui-même : une simple touche suffit à réveiller des formes qui sommeillent dans la matière.

Que reste-il de cette intuition, dans un contexte où la part de technique et de technologie qui accompagne tout acte de création, semble a priori de plus en plus distincte de la matière ? Dans le régime de l'image en mouvement, les outils de création qui s'offrent à nous ne semblent-il pas en effet essentiellement, sinon exclusivement tournés vers du donné informationnel ? Un rapport à la main peut-il encore s'ouvrir ici et si oui, de quelle nature est-il ?

Samedi 10 mars
Faire refaire : trois films de Simon Quéheillard
Simon Quéheillard, artiste cinéaste
Damien Marguet, maitre de conférences, Université Paris VIII
Faire ou plus exactement tenter. Echouer d’un rien ou de beaucoup. Refaire plus ou moins différemment. Ces alternatives minimales sont une manière de décrire la poétique dont relève le travail de Simon Quéheillard. Compte rendu de la séance

Samedi 7 avril
La couleur vivante des images
Jacques Perconte,  réalisateur de films expérimentaux et plasticien français
Guillaume Bourgois, maitre de conférences, Université de Grenoble (sous réserve)
Jacques Perconte déploie depuis plusieurs années une plastique de la performance. Comment conduire les possibilités plastiques des images contemporaines dans l’espace du spectacle vivant ? 

Samedi 5 mai
Algorithmes au prisme de l’organique : reprises en main d’images judiciaires
Leyokki du collectif Brèches, cinéaste plasticien
Jonathan Larcher, doctorant  en anthropologie visuelle
L'algorithme au prisme du corps, du geste et de l'organisme. L’enjeu de cette rencontre est de rendre possible un rapport vécu aux images documentaires, détournées de leur lieu d’origine pour être rejouées dans des dispositifs du type installation.

Samedi 2 juin
Le corps en incidence de la machine-cinéma
Marc Hurtado, musicien et cinéaste
Vincent Deville, maître de conférences, Université Montpellier 3
Marc Hurtado développe depuis de nombreuses années une pratique filmique avec des caméras amateurs. Du corps écran au corps filmé, et bien avant le développement de la pratique du selfie, Marc Hurtado explore la caméra comme outil de rencontre avec soi.

Sous la responsabilité de :

Thématiques de recherche

Esthétique et théologie
2015-2016
Collège des Bernardins,
Centre Sèvres,
Institut catholique de Paris
Cinéma/Parole/Société/Recherche
2014-2016
Jérôme Alexandre
Rodolphe Olcèse