Presse

EXPOSITION : ANTHONY MC CALL / BETWEEN YOU & I

Dossier de presse

« QUESTIONS D’ARTISTES » - UNE NOUVELLE PROGRAMMATION DE CRÉATION CONTEMPORAINE AU COLLÈGE DES BERNARDINS

Une nouvelle programmation

Entre février et juillet 2011, le Collège des Bernardins propose « Questions d’artistes » une programmation initiée par Jean de Loisy et une équipe de programmateurs (arts plastiques / arts vivants / musique), confirmant sa volonté de présenter l’art comme dimension essentielle de l’homme et de la culture.

Aussi nécessaire au cheminement de la pensée que peuvent l’être les savants, les philosophes et les autres acteurs décisifs de la vie sociale ou spirituelle, les artistes ont une place éminente à tenir dans un lieu chrétien. Leur travail, nécessairement animé par des questions essentielles, les confronte en permanence avec toutes les dimensions de l’humain. Leurs efforts pour inventer une parole neuve, débarrassée des réflexes de l’usage, les mettent - et nous mettent - en situation exigeante d’exploration et d’expérience de nous-mêmes et des autres. Ainsi considéré, l'art, tel qu’il est montré au Collège des Bernardins est bien plus qu'une activité accessoire destinée au loisir, au plaisir individuel ou au confort de posséder une culture et d'en jouir. Cette programmation conçue par Alain Berland pour les arts plastiques, Yvane Chapuis pour le théâtre et la performance et David Sanson pour les musiques nouvelles, est un engagement. Celui-ci répond à la conviction que les expériences artistiques les plus profondes d’aujourd’hui nous permettent d’accueillir, de comprendre plus intimement, de transformer notre propre monde.

Les arts plastiques

Deux générations d’artistes interviennent pour cette première saison dans l’ancienne sacristie, des artistes qui circulent dans les forêts des signes. Dans un va-et-vient permanent, de l’abstraction à la figuration, du matériel à l’immatériel, ils construisent, en s’émancipant de l’héritage de l’art conceptuel, de nouvelles écritures sensibles et plastiques pour ouvrir les regards sur notre contemporanéité.

Cette programmation comprend des expositions / installations dans l’ancienne sacristie et également des « Alertes ». À un rythme imprévisible, des œuvres plus ou moins discrètes apparaissent et disparaissent dans la grande nef du Collège des Bernardins : elles prennent la forme de questions posées par les artistes à la société d’aujourd’hui. Elles sont, le temps d’une apparition, des objets qui mettent en cause notre rapport au monde et révèlent le rôle des artistes, véritables inventeurs de comportements nouveaux.

> Jean de Loisy, conseiller artistique pour la création contemporaine au Collège des Bernardins Commissaire d'exposition indépendant, Jean de Loisy a été, entre autres, inspecteur à la Création au Ministère de la Culture, conservateur de la Fondation Cartier et conservateur au Centre Georges Pompidou. Il a dirigé et co-dirigé divers lieux d'art en France. Il a organisé de nombreuses expositions monographiques et des expositions marquantes telles que "La Beauté" à Avignon en 2000 ou encore "Traces du sacré" en 2008 au Centre Pompidou.

Il est le commissaire de Monumenta 2011 / Anish Kapoor au Grand Palais et du Pavillon israélien représenté par Sigalit Landau de la Biennale de Venise 2011. Il prépare, entre autres, une exposition de Jacques Lizène au Passage de Retz à Paris en 2011 et une exposition sur le chamanisme intitulée « Les Maîtres du désordre » au musée du quai Branly pour 2012.

> Alain Berland, programmateur chargé des arts plastiques
Alain Berland est critique d’art. Il est membre du comité de rédaction du journal Particules et collabore à la revue Mouvement. En 2010, il a été membre du collège critique du salon de Montrouge et le conseiller artistique de la biennale du Havre.

> Jérôme Alexandre, théologien et directeur des publications du Collège des Bernardins Né en 1952. Entré après des études d'histoire et de philosophie au ministère de la culture où il a été en charge de la création contemporaine (musique et danse). Directeur d'un cinéma d'art et d'essai. Après un doctorat en théologie, il rejoint l'Ecole Cathédrale en 2002 en tant que professeur. A publié plusieurs ouvrages sur l'art, les Pères de l'Eglise, la théologie.

« LA PAROLE DE L’ART » : UN NOUVEAU DEPARTEMENT DE RECHERCHE
Co-direction du département : Jérôme Alexandre et Jean de Loisy

« L’art est éminemment langage et recherche. Cette seule affirmation suffirait à justifier sa place au Collège des Bernardins et la manière spécifique de lui donner cette place, rejoignant l’originalité même du projet de ce Collège.

En premier lieu le choix de l’art tel qu’il se crée aujourd’hui, plutôt que celui de l’art ancien : parce que l’art est depuis toujours l’expression d’une vision du monde située, ce qui se cherchait autrefois n’est pas exactement ce qui se cherche maintenant. En principe, nous sommes plus à même de comprendre et donc d’aimer l’art de notre temps, car nous vivons le même monde que les artistes qui le font. Ce qu’ils recherchent, il est probable que nous le recherchons aussi.

En second lieu le choix de ne pas simplement programmer des expositions, des spectacles, des auditions, mais celui de rencontrer vraiment des œuvres et les artistes qui les créent. La rencontre peut certes se vivre dans le silence devant une œuvre et chacun pour soi. Elle peut aussi s’effectuer dans l’aventure partagée des présences interpersonnelles et des paroles adressées. Cette forme, nous l’appelons séminaire, cercle d’échanges, action collective, dialogue. Elle se traduit par des rendez-vous précis avec des artistes et des œuvres qui cherchent ensemble à se comprendre, puis à vivre ce que leur compréhension génère. » Jérôme Alexandre, Revue Questions d'artistes, janvier-juin 2011.

L’ŒUVRE : BETWEEN YOU AND I

> Installation

L’artiste britannique Anthony McCall a choisi d’installer une œuvre lumineuse de la série Solid light films dont la forme et le sens répondent à l’architecture gothique du Collège des Bernardins. Deux cônes de lumière, formés par le halo des projecteurs vidéo, dessinent sur le sol des figures qui, se déployant en un mouvement perpétuel, construisent dans l’espace une architecture immatérielle. Elle évoque un dialogue entre deux êtres qui semblent se transformer l’un l’autre selon la progression de leurs mouvements. Une forme elliptique se rétracte, puis s’étend sans cesse. Pendant les seize minutes du processus, quelque chose est en train de surgir, tandis qu’une autre figure disparaît puis réapparait à son tour, créant un échange entre les deux sources lumineuses, comme entre le visiteur et l’installation ou entre celle-ci et l’architecture gothique.

Pour paraphraser Anthony McCall, ces seize minutes de pur cinéma, seize minutes de pure sculpture proposent au visiteur l’expérience d’une immersion totale dans le spectacle captivant des interactions des volumes de lumière et de l’architecture, du matériel et de l’immatériel. L’œuvre de McCall, inspirée du cinéma et de la performance, permet au visiteur d’assister à l’expansion d’un dessin et d’éprouver la puissance de ce simple motif qui, porté par la lumière, devient une géométrie structurant le vide apparent de la sacristie.

Les œuvres de la série Solid light films sont d’assez simples projections dans le noir qui créent l’illusion de silhouettes en trois dimensions, où ellipses et vagues se répandent graduellement dans l’espace. Dans ce travail, l’artiste cherche à faire des films anti-narratifs et surtout à déconstruire le cinéma en réduisant le film à ses principaux composants : le temps et la lumière, en supprimant fauteuils, cabine et écran.

D’abord élaboré de façon traditionnelle avec un projecteur cinéma et de la pellicule, l’œuvre d’Anthony McCall est désormais créée à l’aide des technologies numériques (ordinateur, logiciel et vidéoprojecteur puissant).

En 2003, il reprend son travail sur les films de « lumière solide » : « Je travaille toujours avec les mêmes principes formels mais le sens de [m]es idées a changé. Ainsi, dans les années 70, je suis persuadé que je concevais les problématiques concernant la durée comme uniquement inscrites dans le registre de l’esthétique. Aujourd’hui, elles semblent aussi liées à l’idée de mort. De nouveau, je suis très intéressé par l’idée de représenter le corps. Ces changements se reflètent dans le titre des films achevés ces dernières années : Breath (2004), You and I, Horizontal (2005), Between You and I (2006). »

Son travail explore aussi le décalage et les relations entre le film et les regardeurs, qui deviennent des participants lorsque les corps modifient de façon transitoire les formes projetées en les pénétrant.

L’ARTISTE : ANTHONY MCCALL

Biographie

Né en 1946, Anthony McCall, installé à New York, a une pratique pluridisciplinaire où se chevauchent films, sculptures, installations, dessins et performances. Aujourd’hui célèbre sur le plan international, il a été exposé ces dernières années, entres autres lieux prestigieux, au MOMA de New York, à la Tate Modern et à la Serpentine Gallery de Londres, au Moderna Museet de Stockholm, au Musée de Rochechouart et à l’IAC de Villeurbane.

McCall fut une figure clé des avant-gardes anglaises avant de s’installer à New York en 1973 où il a prolongé sa réflexion élaborée depuis le début des années 70 sur l'art minimal, l'art conceptuel et la performance. Achevé une première fois en 1979, l'œuvre de McCall s'est prolongé en 2002 avec une série de nouvelles pièces, motivées par l'envie de l'artiste de reprendre son travail après s’être consacré au graphisme et à la réalisation de sites internet.

Dernières expositions personnelles

  • “Anthony McCall : Leaving (with Two-Minute Silence)” Sean Kelly Gallery, New York et Galerie Thomas Zander, Cologne, 2009 – 10.
  • “Nu/Now : Anthony McCall” Moderna Museet, Stockholm, 2009.
  • “Anthony McCall: Breath [The Vertical Works]” Hangar Bicocca, Milan, 2009.
  • Galerie Martine Aboucaya, Paris, 2008.
  • “Anthony McCall : Elements for a Retrospective” Utzon Center, Aalborg, Denmark, 2007 – 8.
  • “Anthony McCall” Serpentine Gallery, London, 2007-8.
  • “Anthony McCall : Éléments pour une Retrospective (1972 – 1979 / 2003 – )” Musée de Rochechouart, France, 2007.
  • “Anthony McCall : You and I, Horizontal III” Sean Kelly Gallery, New York, 2007.
  • “Anthony McCall : ‘Between You and I’ et Autres Films de Lumière Solide” Institut d'Art Contemporain, Villeurbanne, France, 2006-7.

Bibliographie

  • [cat.exp.] Hal Foster, Anthony McCall, Breath [The Vertical Works], Hangar Bicocca / Corraini, Milan, Italie.
  • [cat.exp.] Olivier Michelon, Anthony McCall : Elements for a Retrospective, 1972 – 1979 / 2003 – , Blou, Monografik Editions, 2007.
  • Vivian Bobka, “Eye, Gaze, Screen : Anthony McCall”, Texte zur Kunst, Berlin, n°68, décembre 2007.
  • Doris von Drathen, “Anthony McCall : Reale Gegenwarten”, Kunstler Kritisches Lexikon der Gegenwartskunst, Hamburg/Munich, n°79, 2007.
  • Anthony McCall, Institut d’Art Contemporain, Villeurbanne, semaine 48.06, n°114, décembre 2006.
  • Graham Ellard, Stephen Johnstone, “Interview”, Bomb, automne 2006, n° 97, pp. 68 – 75.
  • George Baker, “Film Beyond Its Limits”, Grey Room 25, automne 2006, pp. 92 – 125.
  • “Light Years : Mark Godfrey talks to Anthony McCall”, Frieze, n° 99, mai 2006, pp. 124 – 129.
  • Ian Hunt, “Anthony McCall : Peer, London March 23 to April 23”, Art Monthly, n° 296, mai 2006, pp. 38 -39.
  • Branden W. Joseph, Jonathan Walley, Anthony McCall : The Solid Light Films and Related Works, Evanstaon / San Fransisco, New Art Trust / Northwestern University Press, 2005.
  • George Baker, Lisa Le Feuvre, Anthony McCall, Anthony McCall : Film Installations, The Mead Gallery / University of Warwick.
  • Anthony McCall, Daniele Balet, volume n°2, décembre 2010 (p6 à 17) Clara Schulmann, « Ce qu’il reste du cinéma », Mouvement, janvier-mars 2011

ALERTES

Des œuvres plus ou moins discrètes apparaissent et disparaissent dans la nef du Collège des Bernardins : elles prennent la forme de questions posées par les artistes à la société d’aujourd’hui. Elles sont, le temps d’une apparition, des objets qui mettent en cause notre rapport au monde et révèlent le rôle des artistes, véritables inventeurs de comportements nouveaux.

Jean-Michel Alberola – du 3 février au 15 mars 2011

Initiant la série des « Alertes », Jean- Michel Alberola expose dans la nef trois œuvres en néon. L’une d’entre elles, La Pauvreté est un idée neuve en Europe (2006) pastiche la citation du révolutionnaire Antoine Louis de Saint-Just « Le bonheur est une idée neuve en Europe ». L’artiste opère ce détournement pour nous inciter à une réflexion sur la nécessité de mettre en accord nos besoins et nos désirs, pour générer une « révolution » dans nos habitudes de consommateur et produire ce que l’on nomme désormais la « décroissance ».

D’origine espagnole, Jean-Michel Alberola est à la fois peintre, sculpteur, cinéaste, éditeur de livres et d’objets. Représenté par diverses galeries, en France comme à l’étranger, il enseigne à l’Ecole des Beaux-arts de Paris depuis 1991.

LES PROCHAINS RENDEZ-VOUS

Exposition (ancienne sacristie)
Isabelle Cornaro - du 6 mai au 3 juillet 2011 (vernissage le 5 mai, 18h)

Isabelle Cornaro, née en 1974, est une jeune artiste française qui réconcilie des éléments que, bien souvent, on oppose : l’abstraction et la figuration, le minimalisme et le baroque, la raison et les sentiments. Elle décortique des représentations existantes (plans d’urbanisme, photographies, tableaux de paysages) pour en dégager les structures sous-jacentes puis elle les traduit avec des matériaux choisis pour leur charge émotionnelle ou symbolique (cheveux, bijoux, objets domestiques).
Actuellement en résidence à New York, elle conçoit notamment l’œuvre qu’elle va présenter dans l’ancienne sacristie du Collège des Bernardins.

Alertes (Grande nef)

Sigalit Landau – 16 mars au 16 avril 2011

Elsa Sahal – du 6 mai au 3 juillet 2011 (vernissage le 5 mai, 18h)

LE COLLÈGE DES BERNARDINS

Édifice exceptionnel du XIIIe siècle récemment restauré, le Collège des Bernardins est ouvert au public depuis septembre 2008.

C’est aujourd’hui un lieu dédié aux espoirs et aux questions de notre société et à leur rencontre avec la sagesse chrétienne. Tous sont invités à participer à ces dialogues par des travaux de réflexion ou de recherche, de formation ou d’expression artistique.

Il est organisé autour de quatre axes complémentaires : l’art (expositions d’art contemporain, art vivant, musique), les rencontres et débats (conférences, colloques), la formation (École Cathédrale) et la recherche.

Le Collège des Bernardins s’appuie sur un pôle de recherche composé de six départements : « Sociétés humaines et responsabilité éducative », «Économie, Homme, Société», «Éthique biomédicale», «Société, Liberté, Paix », « Judaïsme et christianisme », « La parole de l’art ». Son originalité est de réunir universitaires et théologiens autour de la question essentielle de l’homme dans une approche pluridisciplinaire.

INFORMATIONS PRATIQUES

> Collège des Bernardins
20 rue de Poissy - 75005 Paris

Entrée libre

> Informations

Tél. 01 53 10 74 44
[email protected]
www.collegedesbernardins.fr

> Accès

Métro : Maubert-Mutualité, Cardinal Lemoine (ligne 10) Jussieu (ligne 7)
Bus : 24, 47, 63, 67, 86, 87, 89

> Horaires d’ouverture de l’exposition
du 3 février au 16 avril 2011 

o du lundi au samedi : de 10h à 18h
o le dimanche et les jours fériés : de 14h à 18h

> En marge de l’exposition

Mercredi 16 mars, de 14h30 à 15h30

Activité jeune public : Tous à l’expo Anthony McCall
Pour les enfants jusqu’à 13 ans accompagnés d’un adulte
Tarifs : 5€ (enfants), 3€ (adultes)

> Revue
Questions d’artistes, janvier – juin 2011 En vente à la librairie du Collège des Bernardins (2€).