Intervenant

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Brian Griffin

Artiste photographe

Biographie

  • Né en 1948 à Birmingham (Royaume-Uni), Brian Griffin vit et travaille à Londres.
  • Brian Griffin étudie la photographie à l’École polytechnique de Manchester, et devient photographe free lance en 1972.
  • Il travaille pour de nombreux clients : magazines, industrie du disque, entreprises, publicité. A la fin des années 1980, il est nommé « Photographe de la décennie » par le quotidien The Guardian. 
  • Griffin a autopublié huit livres de ses œuvres, et ses photographies sont visibles dans les collections de l’Art Council, du Victoria and Albert Museum, et de la National Portrait Gallery. 
  • En 2005, The Art Museum de Reykjavik (Islande), présente la première rétrospective consacrée à son travail, et « Les Rencontres d’Arles, festival international de photographie », lui en consacrent une autre en 2009. 
  • Brian Griffin est aussi le premier photographe à avoir été accrédité pour le « National Portrait Gallery / BT road to 2012 project », projet qui a pour but un reportage photographique sur les personnes permettant la réalisation des Jeux Olympiques à Londres en 2012. 
  • En 2006, il est nommé membre honoraire par La Royal Photographic Society.

    « La photographie est entrée dans ma vie en 1966, alors que je travaillais dans une usine qui fabriquait des tapis roulant dans le Black Country, une zone près de Birmingham. Le contremaître m’a suggéré de m’inscrire au club de photo voisin. J’ignore tout a fait pourquoi il m’a parlé de ça. Pour être honnête, je n’étais pas profondément intéressé – mais je me suis inscrit au club de photo et j’ai acheté mon premier appareil.
    Ce n’est qu’en 1969, lorsque je travaillais dans un bureau à Birmingham en tant qu’ingénieur spécialisé dans le nucléaire que la photographie a pris une nouvelle tournure dans ma vie. […] j’ai envoyé ma candidature à des universités pour me plonger à plein temps dans l’étude de la photographie. […] Le Manchester College of Art and Design a été la seule université qui m’a accepté. A la fin des années 1960, la photographie n’était pas une discipline très à la mode en Angleterre. […] J’ai eu mon diplôme en 1972.
    J’ai passé les huit mois suivants à travailler dans la sidérurgie afin de gagner un peu d’argent, avec l’ambition de devenir photographe professionnel à Londres.
    Toutes les illusions de réussite que j’entretenais ont été mises à l’épreuve et presque brisées jusqu’au moment où, […] j’ai rencontré Roland Schenk, le directeur artistique du magazine Management Today, qui à mon grand étonnement m’a proposé un travail sur-le-champ. […] Je passais mon temps à photographier des gens dans des bureaux, un environnement que j’avais quitté trois ans plus tôt, en plein désespoir. C’était bien le style de photographies qui m’intéressait le moins, mais c’était ma seule chance. Il faut aussi noter qu’au début des années 1970 ce style de photographie n’était vraiment pas à la mode. Roland, suisse et artiste, m’a aidé à chercher mon inspiration, ma voie. Après deux ans de recherche, je l’ai trouvée : un mélange d’expressionisme allemand, de films noirs, de musique, de Franz Kafka et de réalisme social soviétique. Sans doute parce qu’à un niveau visuel et sonore, ces éléments me rappelaient mon enfance dans le Black Country des années 1950. J’ai commencé à voir les sujets que je photographiais comme ceux de ma propre scène théâtrale. Le théâtre de mon imagination. Cela me ravissait d’imaginer tous ces directeurs et ces comptables comme des acteurs dans des pièces de théâtre, avec leurs bureaux en guise de décor.
    C’est en 1976 que j’estime avoir pris ma première bonne photo – des travailleurs londoniens dans la City, intitulée Rush Hour London Bridge, en référence à Métropolis de Fritz Lang. Ce jour-là, j’ai enfin pu respirer : je savais que je pouvais devenir un véritable photographe. »

    Brian Griffin, 28 décembre 2008. (Texte écrit à l’occasion de la rétrospective de ses photos lors des Rencontres d’Arles 2009).
     

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