Judaïsme
Centre chrétien d'études juives

409 - Session : Les fondamentaux de la vie juive et la Halakhah


Séances

Session sur 2 jours 
Mercredi et Jeudi 4 et 5 mars 2020
9h30-12h

Judaïsme et Centre Chrétien d'études juives - Semestre 2

« C’est dans la Halakhah, codification et application des lois de la Torah à la réalité concrète », que le rabbin Joseph Dov Soloveichik (1903 - 1993) voit l’apport original du judaïsme.

Elle est un appel constant à transformer la nature et le naturel par l’idéal divin, et ne connaît par conséquent aucune limitation, ni spatiale ni temporelle. L’univers tout entier est le domaine de la Halakhah- à charge pour cette dernière d’informer le monde en projetant sur lui, pour le transfigurer, les cadres a priori de l’exigence halakhique. D’où la responsabilité de l’homme ainsi interpellé : lui seul peut élever le profane au niveau de la sainteté ; c’est pourquoi le Mont Sinaï- lieu de la révélation divine- n’est pas considéré par la tradition juive comme un lieu saint, tandis que le mont Moriah est une montagne sacrée, parce que sanctifiée par l’acte exemplaire d’Abraham. Il en sera de même du Temps : c’est l’homme qui le consacre, c’est à lui qu’incombe la fixation de la date des Fêtes. Les principes immuables viennent de Dieu- le reste des hommes… La Halakhah est un enseignement pour la vie ; elle se propose de secourir l’homme, pour le délivrer de la souillure d’une existence placée sous le signe de l’éphémère, de l’élever, de le sanctifier, de donner constance, direction et but à sa vie. Il appartient à l’homme de faire descendre Dieu sur terre, de réaliser l’infini dans le fini. L’obéissance à la Halakhah, la participation à son élaboration, est la discipline qui permet la réalisation de cet idéal, l’insertion de l’infini dans le fini, de l’éternité dans le temps… La Halakhah « oblige en effet à considérer les faits avec réalisme, et d’autre part, dans un même mouvement à les soumettre à la norme idéale. L’oeuvre halakhique ne peut se concevoir et surtout ne peut se réaliser que dans le cadre d’un univers accepté et compris dans sa disparité et dans sa dualité, à charge pour l’homme de le mener à l’unité et de le « reconstruire » à l’image de l’idéal. » (Extraits de la préface du Professeur Benjamin Gross à sa traduction du livre du rabbin Soloveichik, Le Croyant Solitaire).

Avec :
Intervenant
Michael Azoulay
Maîtrise en droit - Rabbin du séminaire israélite de France Ancien membre du CCNE