Le temps de l'Avent

« Réjouis-toi, sois contente »

L'Annonciation, Luc 1, 26-38


Pour le premier dimanche de l'Avent, Gemma Serrano, co-directeur du département Humanisme numérique au Collège des Bernardins et professeur à la faculté Notre-Dame, vous invite à méditer le texte de L’Annonciation, Luc 1, 26-38.

Ces mots adressés par l’ange à Marie : « Réjouis-toi, sois contente » c’est la parole qui retentit dans les textes bibliques. La bonne nouvelle est une invitation à la joie. Joie de Dieu et de l’homme, relation des deux qui est mouvement vers la joie et à partir d’elle. Même si la joie ne se fait pas en un jour, chaque étape vers elle suppose un oui à la vie, aux larmes et aux rires, un oui à Dieu. Oui qui se dégage de la peur et du ressentiment, de la suspicion et de la violence et qui permet de ne pas comprendre la vie comme une menace. La joie ne connaît pas le trop ou le pas assez mais l’excès, le surplus.  

Le problème est bien celui de la souffrance, de la douleur, mais l’homme chrétien n’est ni faible ni démuni, il est suffisamment fort pour souffrir et jouir, pour prendre partie pour la vie dans toute sa complexité. Son Dieu en croix est le triomphe de la vie sur la mort, pas un anathème jeté contre la vie, comme écrit le théologien Bonhoeffer : « la joie de Dieu est passée par le dénuement de la crèche et la détresse de la croix : c’est pourquoi elle est invincible, irrésistible. Elle ne nie pas la détresse là où elle se trouve, mais au sein de cette détresse, en elle, elle trouve Dieu. C’est de cette joie victorieuse qu’il est question. A elle seule on peut se fier, elle seule aide et guérit ». 

 Réjouissons-nous, Dieu vient à nous, nous l’attendons.

L'Annonciation, Luc 1, 26-38

L’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille, une vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.

L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. »

Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu’Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse, et elle en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait "la femme stérile". Car rien n’est impossible à Dieu. »

Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. »

Alors l’ange la quitta.