Mardis des Bernardins

METAVERS : VISION OU HALLUCINATION ?


Il y a un an presque jour pour jour, Facebook devenait Meta. L’opinion et les media se sont emparés très vite de ce nouveau concept mélangé avec celui de web3.

Un an après, le Metavers reste principalement constitué de la projection de nos fantasmes, de nos angoisses : ne serait-il qu’un itinéraire de fuite du monde réel ?

Au plan étymologique, Wikipedia nous rappelle que le préfixe « Meta » provient du grec μετά (meta) (après, au-delà de, avec) : réflexion, changement, succession, dépassement, à côté de, entre ou avec. Il est également utilisé dans le vocabulaire scientifique pour indiquer l'auto-référence (réflexion), ou pour désigner un niveau d'abstraction supérieur, un modèle ».

Le Metavers désignerait donc tout à la fois l’après du Web, l’au-delà du réel (la traversée du miroir), le compagnon du réel et de nos vies, le terrain de jeu d’une auto-référence démocratisée grâce aux réseaux sociaux.

Dès 1992, dans le roman Snow Crash, Neil Stephenson décrit un univers virtuel dans lequel évoluent les humains qui y interagissent via leurs avatars. Le thème est ensuite illustré par de nombreux films comme Matrix ou Ready Player One. L’humanité s’y réfugie, de gré ou de force, dans un univers virtuel plus ou moins asservissant, dont il est difficile de ressortir.

La crise sanitaire et le confinement ont décuplé la demande des individus concernant le télétravail, le divertissement, et le fait de pouvoir « être ensemble à distance ». Parallèlement, l’idée de vendre l’accès à « d’autres réalités plus clémentes » semble avoir un potentiel économique durable. Le Métavers est avant tout, et pour l’heure, un faisceau de questions technologiques, politiques, anthropologiques, culturelles, éthiques, qui toutes nécessitent une formation aux Humanités Numériques aussi indispensable qu’elle est inexistante.