Faculté Notre Dame

Le Bureau des Étudiants mobilisé pour une rentrée et une année réussies


Le 14 septembre dernier, après deux mois de confinement et des vacances d’été bien méritées, les 170 étudiants de la Faculté Notre-Dame faisaient leur rentrée au Collège des Bernardins. L’occasion de rencontrer Paul de Fouquières, président du bureau des élèves millésime 2020-2021.

Comment devient-on Président du Bureau des Étudiants (BDE) au Collège des Bernardins ?

Tout d’abord en devenant étudiant à la Faculté Notre-Dame : j’y suis entré dans le cadre de ma formation au sacerdoce au séminaire de Paris. Je suis actuellement en 2e année de formation doctrinale et pastorale (FDP), autrement appelée « cycle de théologie ». J’ai intégré le séminaire à 25 ans, juste après avoir terminé des études d’ingénieur. Je commence aujourd’hui ma cinquième année sur un cursus de sept ans. 

Puis il faut être choisi par la communauté étudiante. L’élection a eu lieu en mars, pendant le confinement. Ont voté tous ceux qui suivent le cursus de la faculté : les séminaristes, les religieux, mais aussi les laïcs qui décident de se former à nos côtés. 

Trois représentants sont élus parmi les étudiants de la formation initiale, quatre parmi ceux de la formation doctrinale pastorale et enfin un parmi ceux des cycles de Licence et Doctorat. Nous sommes donc huit, et le président est choisi parmi les représentants de la formation doctrinale et pastorale. C’est une mission que je découvre avec joie !

BDE, cela évoque souvent les soirées étudiantes et les week-ends d’intégration… mais dans une faculté de théologie… Quelle est votre mission au juste ? 

Il s’agit d’animer la communauté des étudiants et d’être un relais avec le corps professoral. Au service de la communauté, nous cherchons à favoriser l’intégration d’étudiants d’horizons plus divers qu’on ne pourrait l’imaginer : des séminaristes, qu’ils soient du diocèse de Paris ou de la communauté de l’Emmanuel, des religieux de Saint Vincent de Paul, des sœurs bénédictines et des vierges consacrées sont formés aux côtés de laïcs, qui ont souvent une vie professionnelle et familiale bien chargée. Beaucoup habitent dans une communauté avec d’autres étudiants de la faculté*, mais une quinzaine d’entre eux, n’ont pas cette possibilité. Alors nous tentons de les accompagner au mieux par des moyens divers : un trombinoscope pour les aider à repérer leurs camarades, des déjeuners réguliers pour qu’ils puissent se rencontrer, des invitations à venir dans les maisons du séminaire…

En tant que membre du BDE, nous essayons d’être attentifs à tous les nouveaux arrivants pour qu’ils se sentent accueillis et trouvent des réponses à leurs questions. C’est un enjeu considérable cette année puisque la faculté a vu l’arrivée d’une quarantaine de nouveaux étudiants : nous sommes maintenant environ cent soixante-dix. Il faut donc parvenir à changer d’échelle tout en préservant la dimension familiale qui fait la force de notre faculté. 

Il y a aussi des choses très concrètes : alimenter la salle de convivialité en café, s’assurer que tout le monde peut faire des photocopies et avoir accès à l’intranet, proposer des visites du Collège des Bernardins et des rencontres avec ceux qui le font vivre ! Cela fait aussi partie de notre mission. 

Et quel est votre rôle auprès du corps professoral ? 

Au Collège, la faculté de théologie transmet un savoir original puisqu’il implique toutes les dimensions de notre vie. On ne scrute pas le mystère de la Trinité comme on étudie le théorème de Pythagore. Nous croyons que Jésus Christ ressuscité nous a appelés ensemble à le connaître, à l’aimer et à le suivre. L’amour que nous portons au Sauveur en qui nous croyons et que nous nous portons les uns les autres est essentiel dans l’acte même de transmission du savoir. Et cela change complètement notre rapport aux enseignants et à ce que nous apprenons.

Un autre défi, c’est de porter la parole d’étudiants d’horizons différents et avec des parcours singuliers. Comment faire en sorte que le titulaire d’un doctorat en économie, le médecin généraliste, le menuisier ou le consultant en stratégie suivent un cursus commun ? 

Nous avons régulièrement des espaces d’échanges avec les professeurs. Il y a d’abord la session de rentrée de la faculté qui met autour de la même table professeurs et représentants des étudiants pendant deux jours. Puis, trois fois par an, l’assemblée académique qui rassemble cette même communauté pour évoquer les grands défis de la faculté. Et enfin, le conseil de faculté, où le président du BDE représente la voix des étudiants, qui prend les décisions opérationnelles.

Quels sont les temps forts de l’année 2020-2021 ? 

Chaque année en janvier, entre les deux semestres, une session de travail est proposée sur un thème choisi par les étudiants. Plusieurs propositions ont ainsi été débattues au mois de mai : le rapport à l’argent, les enjeux de la défense nationale, et c’est finalement l’écologie qui a remporté le vote. 

Nous recevons ce thème comme une mission confiée par la communauté. Le défi est de proposer un regard qui ne soit pas purement académique, mais aussi pragmatique, en surtout en dialogue avec le monde. C’est un temps pour susciter des relations nouvelles entre les étudiants en théologie et les acteurs du terrain, faire découvrir le Collège des Bernardins à des personnalités extérieures, et enfin s’inscrire dans une démarche missionnaire en sortant des cercles habituels de l’Église à Paris. C’est aussi un beau moment, fraternel et joyeux !

Deux fois par an, il y a également une remise de diplômes pour les étudiants ayant terminé leur cursus. C’est un moment important qui vient récompenser six années (ou plus pour les étudiants en licence et les doctorants) de travail intense. 

Vous évoquiez le désir d’intégrer davantage toutes les parties prenantes du Collège des Bernardins, qu’aviez-vous en tête ?

Le fait que le Collège des Bernardins rassemble des activités si diverses en un seul lieu est une invitation à travailler ensemble, en intégrant aussi nos différences. Ainsi, le responsable du pôle Art et Culture du BDE, échange régulièrement avec la chargée de la programmation culturelle du Collège. Cela permet d’inviter des étudiants de la faculté aux concerts, expositions et autres événements. Tout cela se fait en tenant compte de nos rythmes propres : la vie paroissiale des séminaristes, la vie familiale et professionnelle des laïcs, la vie communautaire des religieux… Chacun est bien occupé ! 

L’objectif est surtout de faire de la faculté un lieu de vie où il est plaisant de venir travailler et partager un café ou un déjeuner. C’est un immense défi dans ce contexte de vigilance contre la propagation de la Covid-19.  Cependant cela ne doit pas nous empêcher de créer du lien et de la fraternité. Car « j’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, j’aurais beau avoir toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien. » (1 Co 13, 2)

*On compte sept maisons du séminaire de Paris, trois maisons du séminaire de la communauté de l’Emmanuel, une maison des religieux de Saint Vincent de Paul