Musique

Alterminimalismes XIX : Melaine Dalibert, The Necks : "Antipodes"

Une rencontre entre rock et musiques savantes sous le signe du minimalisme.


Le trio australien The Necks comme le pianiste Melaine Dalibert s'aventurent aux confins du silence et de la transe.

En 2016, The Necks fêtent leur 30 ans. Voilà donc trois décennies que ce trio venu de Sidney, Australie – Chris Abrahams (piano), Tony Buck (batterie) et Lloyd Swanton (contrebasse) –, entre-temps devenu culte, compose une aventure proprement unique dans le paysage musical contemporain. La musique des Necks, comme le souligne à juste titre leur biographie, « défie toute définition en termes orthodoxes » : « Ni complètement "contemporaine", ni minimaliste, ni ambient, ni jazz », parfois proche du post-rock, elle s'aventure sans relâche aux confins des genres musicaux. Elle a donné lieu depuis 1989 à 17 albums, dont plusieurs enregistrés en concert. Sur scène, leurs longs morceaux hypnotiques deviennent autant de voyages immobiles, au confluent du silence et de la transe.

A ce voyage, le récital de Melaine Dalibert devrait offrir une idéale préparation. Ce pianiste et compositeur français né en 1979, formé aux conservatoires de Rennes et Paris, est aussi l'un des organisateurs, à Rennes, de l'excellent festival Autres mesures. Il propose un programme mêlant des œuvres de ses « maîtres américains » (John Cage, Morton Feldman, Tom Johnson) complètent son à ses ccompositions personnelles, si elles sont fondées sur des processus rigoureux de composition, notamment des algorithmes, et prétendent « bannir toute visée narrative, sentimentale », n'en sont pas moins traversés d'une vibrante force spirituelle, d'un lyrisme abstrait qui évoque la musique de Morton Feldman, la peinture d'un Mark Rothko.


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