Questions d'artistes
Exposition

Abdelkader Benchamma : « Écho de la naissance des mondes »


Au moment de la célébration du 10ème anniversaire de la réouverture du Collège des Bernardins, Abdelkader Benchamma propose de transformer l’ensemble de la nef par l'utilisation d'immenses formes profuses, abstraites et dynamiques qui envahiront l'espace et entreront en dialogue avec les lignes architecturales de ce lieu chargé d’histoire.

© DR., Abdelkader Benchamma, Neither the Earth Nor the Sky, 2017, encre et feutre sur mur - Biennale de Sharjah

Comment rendre perceptibles les forces invisibles de l’infiniment grand tout en créant un espace qui, tout en restant poétique, réussisse à perturber notre perception habituelle du monde? Ces questions récurrentes dans le travail d’Abdelkader Benchamma seront ici pensées dans une tout autre échelle et plongeront le visiteur dans un espace hors du monde, et hors du temps.

Inspiré par les recherches de Georges Lemaître, prêtre astronome et physicien qui fût l'un des premiers hommes à avoir pensé l’expansion de l’univers, l’artiste Abdelkader Benchamma, connu pour ses dessins muraux conçus à l’échelle de l’architecture, est invité à réaliser une vaste installation pensée spécifiquement pour la nef du Collège des Bernardins.

Georges Lemaître, aujourd’hui considéré comme l’inventeur de la théorie du « Big Bang », a très tôt pensé l’éloignement des galaxies et formalisé la croissance permanente de l’univers en parallèle de sa pratique religieuse. Pour évoquer ce moment primitif, Lemaître parlait poétiquement de l’« écho disparu de la formation des mondes ». Entre croyance et science, l’univers de l’artiste résonne avec les recherches du prêtre astronome.

Les dessins d’Abdelkader Benchamma s’inspirent de scénarios visuels qui proviennent de réflexions sur l’espace et sa réalité physique, ses limites et ses zones de contact avec des espaces mentaux. Ils fonctionnent sur des détournements, modulations d’objets témoignant de dysfonctionnements possibles dans notre rapport aux lieux et aux choses. Glissement du réel, intrusion de l’invisible, matières indéterminées en transformation, catastrophes minuscules constituent certains éléments de son travail.

Abdelkader Benchamma :

Abdelkader Benchamma est né en 1975 à Mazamet (France). Il vit et travaille à Paris et Montpellier. Invité par le Drawing Center de New York à inaugurer leur nouveau programme de dessin mural, il a présenté Representation of Dark Matter, une pièce monumentale et immersive réalisée in situ (2015-2016).

Son travail a récemment été présenté lors d’expositions personnelles notamment au 104-Paris (2018), au BlueProject Foundation, Barcelone (2016), au FRAC Auvergne (2015) ainsi que lors d’exposition collectives : Melancholia, Fondation Boghossian, Bruxelles, On aime l’art…!, Collection agnes b., Fondation Yvon Lambert, Avignon ; Tamawuj, Sharjah Biennal, Sharjah (2017) ; Le nom d’une île, Pavillon blanc, Colomiers (2016) ; Regard sur la collection d’agnes b., LAM, Villeneuve d’Ascq ; Turbulences II, Fondation Boghossian à Bruxelles (2013) ; The Future of a Promise, 54e Biennale de Venise (2011) ; Told, Untold, Rethold, MATHAF, Arab Museum of Modern Art, Doha, Qatar (2010).

Il est Lauréat du Prix Drawing Now 2015. Lauréat de la première édition du prix Occitanie-Médicis, Abdelkader Benchamma bénéficiera d’une résidence de trois mois à la Villa Médicis fin 2018.

« Écho de la naissance des mondes », d’Abdelkader Benchamma
Acrylique sur revêtement, 2018
Commissaire : Gaël Charbau
Coproduction Nuit Blanche 2018, Ville de Paris – Collège des Bernardins.
Installation réalisée en partenariat avec le CENTQUATRE-PARIS lors d’une résidence de création.

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