- Qui sont les fondateurs de l'Ordre Cistercien ?

* Saint Robert de Molesme (1098 - 1099 † 1111)
Né vers 1028 en Champagne, il ne restera Abbé de Cîteaux qu'une année, puis finira ses jours en paix au monastère de Molesme.

* Saint Albéric (1099-†1109)
On l'appelle aussi Aubry, c’est lui qui envoya deux moines à Rome, afin d'obtenir le Privilège Romain (19 octobre 1100) qui interdisait à toute personne, ecclésiastique ou séculière, d'intervenir pour modifier quoi que ce soit dans le genre de vie des Cisterciens. Selon une tradition immémoriale, ce fut avec Albéric que les moines adoptèrent l'habit blanc ou – plutôt, sans teinture – avec un scapulaire noir pour le travail, qui les fera connaître sous ce nom populaire : les Moines Blancs.

* Saint Etienne Harding (1109-1133-†1134)
Après la mort d'Albéric survenue en janvier 1109, les moines élirent pour Abbé le prieur Étienne Harding, un Anglais il se fixe à Molesme puis suit Robert à Cîteaux. Lorsqu'il fut élu Abbé, il n'eut d'autre souci que d'affermir la réforme


- Quelle fut l'influence de la scolastique sur l'Ordre de Cîteaux ?
La scolastique est une philosophie ou une théologie d'une École. C'est un produit universitaire qui se développe avant tout dans les grandes cités vers la fin du XIème siècle. Elle implique un art du langage avec une méthode de lecture, question, discussion et suppose une logique et une dialectique au sens aristotélicien du mot. Le rationalisme régnait partout et imprégnait tous les domaines du savoir et de l'art. La coordination entre foi et raison constitue un élément spécifique de la Scolastique tout entière.


C'est ici que se place Abélard (1079-1142) qui développa énormément la méthode de la question avec le sic et non. Il confère une grande force au raisonnement, et soumet les autorités (Bible et Pères de l'Église) à la discipline exigeante de la question ce qui déplaît à saint Bernard qui a une pensée foncièrement traditionnelle. Il se défiait de la nouvelle philosophie telle que l'enseignaient Abélard et Gilbert de la Porrée (1076-1154), et lutta avec énergie contre la tendance à séparer la raison de la foi ; la théologie, de la vie. Ce fut lui qui, par ses débats passionnés contre les premiers représentants de la scolastique, créa une atmosphère de suspicion et d'hostilité autour de la nouvelle méthode de théologie. Pour lui, philosophie, théologie morale et piété personnelle étaient intrinsèquement liées en une seule recherche : "la connaissance de Jésus, et Jésus Crucifié". La méthode de raisonnement scolastique qui oblige à tout mettre en doute pour comprendre a ses dangers que les cisterciens relèvent tout de suite. Au début, ce mouvement ne les a pas trop atteints puisqu'ils étaient protégés par l'enceinte du cloître, mais à la fin du XIIème et au début du XIIIème, l'Ordre Cistercien reçut la lourde tâche de combattre l'hérésie qui envahissait le midi languedocien et cela leur fit voir la scolastique avec un autre regard.
En effet, les abbés eurent à se mesurer avec les cathares subtils et fort instruits ; trop souvent les abbés se trouvèrent à court d'arguments et éprouvèrent l'insuffisance de leur préparation doctrinale. Les Dominicains furent mieux adaptés au service de l'église comme missionnaires et théologiens. Les Franciscains furent plus efficaces lorsqu'il s'agissait de porter le message de la pauvreté. Les meilleures vocations religieuses entrèrent alors chez les Mendiants plutôt que dans les anciens Ordres monastiques Les abbés comprirent que les temps étaient changés et qu'ils devaient se former davantage pour continuer à recevoir des bonnes recrues, même si leur vocation se déroulait dans une vie cloîtrée. La philosophie scolastique devint une part indispensable de l'éducation théologique courante.


- Comment s'explique la fondation du Collège saint Bernard ?
Le Pape Innocent IV, par une bulle pontificale, le 5 janvier 1245, donnait à l'Abbé de Clairvaux la permission d'ouvrir à Paris un studium de théologie "pour sauver l'honneur de l'Ordre de Cîteaux, et pour la splendeur et la gloire de l'Église Universelle". Dans le cours des années suivantes, le nouveau Collège, appelé saint Bernard, fit de notables progrès. C'est l'Abbé de Clairvaux, Etienne Lexington, qui eut l'initiative du Collège, et Clairvaux la poursuivit, jusqu'à ce que, à cause du poids économique qu'il représentait pour ce monastère, l'Abbaye se vit obligée en 1320 de céder son administration directement au Chapitre Général et au bénéfice de tout l'Ordre.

- Quel est le contenu de la bulle Fulgens sicut stella 1335 ?
La bulle Fulgens sicut Stella du pape Benoît XII, (Jacques Fournier 1285-1342, ancien moine cistercien de Boulbone puis abbé de Fonfroide et élu pape en 1334), fut promulguée le 12 juillet 1335 et appelée "Bénédictine" : elle met à l'honneur les mérites resplendissants de son Ordre Brillant comme l'étoile du matin et elle fut surtout le premier document juridique à propos des étudiants universitaires Cisterciens. Il leur interdit l'étude du droit canonique qui était le chemin direct aux fonctions d'officiat et d'autres plus élevées (et la médecine). Envoyer des étudiants aux collèges ne fut plus une simple recommandation, mais une obligation. Les abbayes ayant au moins trente moines étaient obligées d'envoyer à Paris un ou deux étudiants. Les plus petites maisons n'avaient pas la même obligation. Il cite une série de collèges cisterciens alors existant : Paris (1245), Oxford (1281), Toulouse (1280) et Montpellier (1260) ; ordonnait le transfert à Salamanque du collège de Estella et voulait deux créations de collèges à Bologne et à Metz. Il inspira une vague de Collèges : Prague en 1374, Leipzig en 1411, Cracovie en 1416, Heildelberg en 1434, Rostock en 1439, Erfurt en 1443, Greifswald en 1487, Avignon en 1499, comme il y en avait déjà eu auparavant, qui fut interrompue à l'occasion de la Guerre de Cent Ans, des guerres civiles et religieuses du XVIe siècle. Les nouvelles maisons d'étudiants perdurèrent jusqu'aux effets de la Révolution Française .