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« Les Heures des Bernardins »

Samedi 25 septembre 2010

Bilan d’une journée musicale placée sous le thème de la Passion

 

Il n'était plus très loin de minuit lorsque le public, venu très nombreux assister à La Passion salon saint Jean, se dispersa, encore sous le coup de l'émotion accumulée au fil des Heures des Bernardins : longue et magnifique journée à l'intensité croissante, au rythme des prières des moines, jalonnée de quatre concerts et de trois conférences sur le thème de la Passion.
A l'orée du jour, les plus matinaux et les fans qui ne voulaient rien manquer, étaient au rendez-vous pour les Leçons de Ténèbres de Couperin dans la version de l'Ensemble Pierre Robert. Une belle entrée en matière avant la conférence de Michel Gueguen sur la singularité de la vision johannique de la Passion du Christ.
Suivit le concert des Laudes : ravissant hommage aux défunts à travers le genre musical des Tombeaux dont l'évocation délicate devint si perceptible grâce aux instruments baroques du Ricercar Consort. Les lectures sur la mort de Jean-Claude Drouot déclamant les Sermons de Bossuet fut saisissante et acheva de préparer le public à la montée vers l'après-midi. La conférence de l'éminente Marion Boudon-Machuel tira plus d'un voile sur les trésors cachés de la sculpture représentative de la Passion.
Les Heures continuant leur marche ascensionnelle vers toujours plus d'intensité conquirent un public de plus en plus nombreux et l'improvisation au piano de Thierry Escaich sur le film La Passion de Jeanne d'Arc en fut à coup sûr l'une des étapes majeures.
Gilles Cantagrel, haute figure de la musicologie et grand expert de Bach s'il en est, fit salle comble, avant que chacun gagne la grande nef où l'attendait, paroxysme de la journée, la version magistrale et saisissante de la Passion selon saint Jean dirigée par Philippe Pierlot. Pris par le drame qui se jouait sous ses yeux, ne perdant pas un mot, ni une note, lorsque le Christ rendit l'âme, on ne savait plus très bien si l'on était à la messe, au concert, en enfer ou au paradis. L'âme émue, le public ne tarda pas à déchirer le silence par un tonnerre d'applaudissements.

Direction artistique : Fortissimo