Du 13 mars au 9 août 2009 Gérard Titus-Carmel présente dans la nef une série homogène inspirée de la Crucifixion du retable d’Issenheim, peinte par Mathias Grünewald, en 1512-1515 et conservé au musée d’Unterlinden à Colmar.
Cette série est composée de 159 dessins, réalisés entre 1994 et 1997, et d’une peinture (400 x 300 cm), reprenant la composition de l’œuvre de Grünewald. Cette peinture est l’aboutissement de la série des dessins : on y retrouve, dans un même cadre, les différents détails qui ont été au centre de la recherche de l’artiste. En s’attardant dans ses dessins sur les détails de la peinture de Grünewald, l’artiste fragmente le tableau initial, et pénètre ainsi dans la composition elle-même. Chacun de ses dessins est un arrêt sur image, l’analyse d’une forme, une réflexion. Titus-Carmel effectue comme une dissection du tableau, nous entrainant dans son avancée au cœur de l’œuvre, toujours plus profondément, par le trait du crayon et de l’encre, ou par la peinture et les transparences des collages. Cette descente vers l’intériorité noire et sombre de l’humanité connaît une soudaine assomption par la libération des formes, des gestes. L’ombre est réinvestie par la lumière qui l’envahit et finit par la gagner. Ce travail de création de l’artiste s’offre comme un chemin spirituel, une méditation qui s’arrête lors de séquences sur les personnages (la Vierge, Marie-Madeleine, saint Jean, saint Jean-Baptiste), leurs gestes, leurs mouvements, sur les détails (la croix, les mains, les pieds), sur les couleurs et sur les formes. La découverte d’un continent d’images et de sens sort par touches d’un ensemble marqué par le questionnement, au sens médiéval du terme. Les personnages du retable se trouvent convoqués dans le dessin, et par leur présence s’effacent pour laisser place à une présence plus forte, plus impalpable, toute en couleurs. La clarté joue de l’ombre et de la lumière et finit par l’emporter. Le tableau de Grünewald devient source d’inspiration pour une œuvre autonome, qui se développe en propre, de dessin en dessin, à partir du trait. |